Précarité

Titularisation sans condition

mardi 6 septembre 2005
par  Sud Éducation Guyane

Revendiquer la titularisation sans conditions de tous les précaires n’est ni irréaliste ni démagogique,
comme certains tendent à le faire croire... Les militants de SUD Éducation qui
défendent cette revendication ne sont ni de doux irresponsables, ni de dangereux extrémistes
qui ne viseraient qu’à détruire le statut de la Fonction publique...

La titularisation sans condition, c’est
un droit.
Un droit stipulé par la loi du 11 janvier
1984 portant sur les dispositions statutaires
relatives à la fonction publique
d’État (titre II du statut des fonctionnaires).
Cette loi précise dans son troisième
article que "les remplacements
de fonctionnaires occupant des emplois
de l’État (...) doivent être assurés
en faisant appel à d’autres fonctionnaires"
quand ils correspondent à des
"besoins constants et prévisibles", et
que "les personnels non-titulaires ont
vocation à être titularisés à leur demande,
dans des emplois de même
nature qui sont vacants ou qui seront
créés (...)" (article 73). Ce texte daté,
non appliqué et largement assoupli,
mais toujours en vigueur, a au moins
un mérite : celui de montrer qu’aucun
obstacle juridique et qu’aucun principe
ne s’opposeraient à la mise en oeuvre
d’une nouvelle loi de titularisation.
L’État, en recourant massivement aux
non-titulaires pour occuper des emplois
correspondant à "des besoins
constants" (le remplacement, confié
parfois pendant des années aux mêmes
personnes), n’a jamais respecté la loi.
Soit ! Mais ce n’est pas aux précaires
recrutés de payer le prix de ces turpitudes.
Comme le dit la loi ils ont au
contraire "vocation à être titularisés".
Déjà recrutés, ce ne sont pas des
"candidats virtuels" qui souhaitent
"entrer dans la profession". Ce sont des
collègues qui font le même travail que
les titulaires. Si aujourd’hui on les invitent
à passer le concours comme seul
mode d’intégration, alors que cela fait
parfois des années qu’ils donnent satisfaction,
ce n’est finalement pas pour les
titulariser mais au contraire pour en
maintenir le plus grand nombre possible
dans la précarité !
La titularisation sans condition, c’est
possible…
Par trois fois au moins dans le passé, le
ministère a eu recours à ce type de solution
pour résorber la précarité. En
1968
(36000 agents titularisés), en 1975
(25000) et pour finir en 1983- 84
(43000 auxiliaires titularisés). Le tout
sans concours, voire même sans inspection...
Jusque-là, c’est-à-dire jusqu’à
la loi de titularisation de 1983 (dite
"loi le Pors"), personne n’a jamais trouvé
quoi que ce soit à redire contre ces
mesures élémentaires
de
justice sociale,
surtout pas les
organisations
syndicales qui
ont été unanimes
à les soutenir.
Des dizaines
de milliers
de précaires ont
été intégrés de
la sorte, sans
que cela nuise
en rien au statut
des titulaires ou
à la qualité de
notre système
éducatif. Mais
depuis 20 ans,
rien ! On comprend
à la rigueur
que les gouvernements qui se
sont succédés jusque-là, tous plus ou
moins ralliés aux principes de gestion
de l’économie libérale, n’aient pas
poussé dans ce sens... Ce qui surprend
par contre, c’est le revirement de certains
syndicats qui s’opposent depuis la
fin des années 80 à toute titularisation
hors concours. Au nom d’une pseudointangibilité
des principes de recrutement
dans la Fonction publique, ces
organisations se contentent de signer,
en les crédibilisant, les différents dispositifs
censés résorber la précarité
(concours spécifiques, réservés, examens
professionnels, etc.). On mesure
aujourd’hui le résultat d’un tel aveuglement
 : un nombre croissant de nontitulaires,
la multiplication des catégories
de précaires et des milliers de collègues
licenciés cette année ! La titularisation
sans conditions, parce qu’elle
garantit le réemploi de tous, demeure
la seule réponse crédible à la situation
que nous connaissons aujourd’hui ; ne
pas la revendiquer c’est finalement
s’accommoder de la précarité et des
licenciements ! Lutter contre ceux qui
la portent, c’est accepter une part de
responsabilité dans la régression sociale
 !
La titularisation sans condition c’est
vitale pour le service public !
Les fanatiques du concours présentent
régulièrement ce dernier comme l’unique
garantie de niveau, de qualification
et finalement de statut protégeant
les titulaires. Y renoncer reviendrait à
saper les fondements de l’édifice Fonction
publique... Rien que ça ! Rappelons
d’emblée que le concours, c’est
d’abord une mesure budgétaire qui met
en balance un nombre de postes offerts
et un nombre de candidats... et que tout
ça n’a finalement qu’un rapport très
lointain avec un quelconque niveau.
Rappelons également que les non titulaires
sont inspectés comme leurs collègues
titulaires, voire davantage, et
qu’il n’en faut vraiment pas beaucoup
pour se " débarrasser " de ceux qui ne
donnent pas satisfaction (on ne s’en
prive pas d’ailleurs !). Réemployés,
parfois durant des années, on ne peutque constater qu’ils "font l’affaire"...
Précisons enfin la chose suivante : si
les titulaires pensent que c’est le
concours qui les préservent des agressions
contre leur statut, ils vont au devant
de terribles désillusions !
Prétendre encore cela, au moment où
l’on assiste à la dégradation constante
des conditions de travail, dans notre
secteur et dans les autres services publics,
au mépris le plus souvent de
toute "garantie statutaire", relève pour
le coup de l’inconscience...C’est au
contraire dans l’unité de tous les personnels,
dans la solidarité entre les
différentes catégories d’agents, qu’il
faut chercher à créer le rapport de
force nécessaire pour s’opposer au dépeçage
du service public d’éducation.
La titularisation sans condition c’est
nécessaire !
Titulariser nous permettrait d’avancer
sur deux des problèmes que nous rencontrons
en Guyane. La titularisation
sans conditions de tous les précaires
permettrait de garder définitivement
des enseignants qui pour une bonne
partie d’entre eux sont Guyanais. Cela
aurai pour effet de stabiliser une partie
de la population enseignante freinant
ainsi l’énorme turn-over qu’il y a dans
les équipes pédagogiques. Elle aurait
aussi pour effet de répondre immédiatement
aux besoins. Les enfants non
scolarisés du Guyane ne vont pas s’évaporer
dans la nature. Ils sont là et
l’Etat doit leurs offrir la scolarité à
laquelle ils ont droit maintenant.
Entendons-nous bien, il ne s’agit pas là
de dire que la titularisation serait la
solution miracle. Le nombre exorbitant
d’enfant non scolarisé, les classes surchargées
font que la Guyane a un besoin
d’enseignants sans commune mesure.
Si La titularisation sans condition
c’est nécessaire, il va sans dire, que la
scolarisation et le désengorgement des
classes implique que cela s’accompagne
aussi, d’une ouverture de poste
bien supérieure à celle que nous avons
eu l’an dernier.
Qu’on se le dise il faut d’ors et déjà
envisager l’agrandissement de l’IUFM
de Cayenne !


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Brèves

Coup de gueule… bis

dimanche 14 septembre 2014

Au collège, on accueille de plus en plus d’élèves hétérogènes : non lecteurs, lecteurs débutants, déchiffreurs, en difficultés personnelles, sociales, primo arrivants, etc. Le collège doit donc devenir un lieu où tous ces élèves ont leur place mais aussi le lieu de toutes les expérimentations. Génial !
On va pouvoir enfin inventer, créer, innover. Oui, mais... Quels outils, quel matériel, quelle formation pour le professeur qui veut s’investir dans les projets ? Il va falloir tâtonner, trier la masse d’informations sur internet, faire des proformas, écouter le discours des uns, des autres, trouver une salle, demander une armoire, des livres, un ordinateur ? J’en passe ! Monter des projets, c’est bien joli, mais quel parcours du combattant ! Tout ceci est-il bien logique à l’heure où on supprime les enseignants spécialisés ? Est-ce au professeur lambda de remplacer ces spécialistes ? Comme d’habitude, on marche sur la tête !

Coup de gueule

dimanche 14 septembre 2014

80% d’une classe d’âge au bac ! C’était une révolution. L’égalité des chances... etc. Oui, on y arrive.
On trafique les notes, on fait passer les élèves au bénéfice de l’âge, on les maintient dans le système sans leur donner les moyens de réussir.... j’en passe ! On arrive maintenant à avoir des élèves qui vont au bac en sachant tout juste lire. Oui, tout le monde peut avoir son bac, un bac bradé pour faire du chiffre !
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jeudi 13 décembre 2012

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Inspection : et si on arrêtait les bidouillages ?

jeudi 13 décembre 2012

SUD Éducation vient d’écrire au recteur pour lui demander de rappeler à ses Inspecteurs qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi en matière d’inspection.

Les inspections surprises ne sont pas réglementaires. Les rapports d’inspection doivent être adressés aux intéressés dans un délai d’un mois et la note pédagogique doit être communiquée dans le trimestre qui suit l’inspection.